
TORINO – Dino Zoff, un maître de la sérénité
Dino Zoff est un maître de la sérénité. Il ne s’agite jamais, même lorsqu’il parle de sa Juventus. Ses phrases sont sobres, sans fioritures. De même, il ne permet jamais à son ego de prendre le pas sur les autres lorsqu’il s’agit de respect envers ceux qui travaillent. Chaque syllabe est prononcée avec une perfection qui témoigne à la fois de son analyse lucide d’un champion absolu, que ce soit sur le terrain ou sur le banc, et d’un homme sage. Zoff est un monument, possédant un palmarès qui lui permettrait de la vanité, et pourtant aucune parole venimeuse ne sort de sa bouche à l’encontre de ceux qui ne gagnent pas. Lorsqu’il répond au téléphone à 9 heures du matin, il abandonne tout et commence à parler de la Juventus. « Je suis prêt, nous pouvons commencer », dit-il, avant d’entreprendre un voyage dans l’esprit juventino qui l’a fait devenir une légende. À partir de ce moment, sa mémoire fouille dans les souvenirs et ses opinions sur le présent sont limpides. Elles ne viennent pas d’un pupitre, mais de l’expérience d’un homme direct, qui n’a jamais perdu une once d’humilité. L’homme le plus qualifié pour nous raconter ce qu’est et ce que devrait toujours être la Juventus.
Dino Zoff, quelle est votre impression sur la saison écoulée à la Juventus?
«La question des points enlevés, puis rendus, puis de nouveau enlevés a certainement eu un impact sur la gestion des semaines de travail. Ensuite, il est clair que l’équipe aurait pu mieux faire, il serait impossible de le nier. Et ce ne serait pas juste, les excuses ne sont jamais utiles à personne. Même le manque de clarté au sein du club a fini par se faire sentir sur le terrain, mais maintenant je pense que la Juventus retrouve son équilibre après une période de confusion». Surprise par la confirmation de Massimiliano Allegri à la tête de l’équipe?
«Non, en général je n’aime pas m’engager dans ces dynamiques. À un certain moment, il a fait ce qu’il pouvait, au début il aurait pu faire mieux, mais nous parlons toujours d’un entraîneur qui mérite le plus grand respect». La prochaine année sera celle d’une Juventus qui s’appuiera sur de nombreux jeunes. Peut-on gagner avec eux?
«Oui, je n’ai aucun doute là -dessus. Bettega et Scirea aussi étaient jeunes et ils ont quand même remporté des victoires, par exemple. Le problème est d’avoir des joueurs de qualité, ce qui n’est pas si facile à trouver. Même si la Juventus en a certains : je pense à Fagioli, par exemple. Même avec une équipe jeune, on peut remporter des trophées, mais il faut avoir les bons joueurs. Le club doit les cultiver ou les trouver : à cet égard, les bianconeri savent depuis toujours comment s’y prendre. Même maintenant».




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