Leonardo Jardim à propos de Mbappé en tant que capitaine de l’équipe de France : « Il est professionnel depuis 7 ans ».

Le capitaine Mbappé : une décision logique selon Jardim

Le 2 décembre 2015, au stade Louis II, Kylian Mbappé fait ses débuts professionnels à l’âge de 16 ans et 11 mois, lors du match de Ligue 1 entre l’AS Monaco et le Stade Malherbe de Caen. C’est Leonardo Jardim qui a lancé Mbappé dans le monde professionnel. Le coach portugais a aidé à développer ce prodige pendant une année et demie exceptionnelle sur les scènes nationale et continentale avant qu’il ne décide finalement de rejoindre le PSG.

Depuis lors, Jardim a suivi de près l’ascension du jeune Français, devenu l’une des plus grandes icônes de son sport à seulement 24 ans. Le Parisien a informé Jardim par téléphone de la nomination de Mbappé comme nouveau capitaine de l’équipe de France. « Je n’ai aucun doute que Didier Deschamps, que je connais bien, a pris la bonne décision », a-t-il initialement répondu.

Pourquoi cette décision est-elle logique selon Jardim ?
Il y a deux façons de choisir un capitaine. Soit on favorise l’expérience, en s’appuyant sur les années et l’expérience de quelqu’un, soit on choisit le leader technique, celui qui fait la différence sur le terrain. Kylian rentre clairement dans la deuxième catégorie, mais attention, il ne faut pas oublier qu’il est professionnel depuis sept ans maintenant. Il a déjà joué deux finales de Coupe du monde, beaucoup de matchs de Ligue des champions. Il pourra également apporter cette maturité de haut niveau.

Avait-il déjà cette qualité de leadership, l’âme d’un futur capitaine lorsqu’il a débuté à Monaco ?
Non. À l’époque, il était le petit phénomène, le chouchou du vestiaire. Il était concentré sur sa performance et le plaisir de jouer. Cela est venu avec la maturité. Mais ses choix de carrière montrent toujours qu’au-delà du talent, il est très intelligent, très posé. Il est resté une deuxième saison avec nous (2016-17), et c’est là qu’il est devenu un monstre. Mais c’est parce qu’avant, il s’est préparé correctement et n’a pas sauté les étapes.

Ce brassard ne risque-t-il pas de le surcharger de pression ?
Je pense au contraire que cette nouvelle responsabilité lui apportera beaucoup de valeur. Un joueur comme Kylian Mbappé a besoin de défis, de sortir de sa zone de confort, et c’est une nouvelle zone pour lui. Avec ce brassard, il grandira un peu plus, il réfléchira à certains détails du travail d’une autre manière, sur la meilleure façon de faire des compromis pour le bien de l’équipe. C’est gagnant-gagnant. Le capitaine doit placer le collectif au-dessus de tout, car il représente tous les autres sur le terrain. Il doit comprendre et se rappeler constamment que la bonne santé du groupe se reflétera toujours sur la santé de chaque élément jouant.

Un attaquant a-t-il plus de mal à penser collectif, comme on l’entend souvent, en raison de son poste ou de son obsession un peu égoïste du but ?
Non, je ne le vois pas comme ça. Bien sûr, tous les attaquants ont besoin de buts, de passes décisives. J’en ai beaucoup parlé avec Kylian quand il a commencé. Je lui ai dit « tu dois avoir des statistiques, c’est essentiel ». Mais je pense qu’il est tout à fait capable de maintenir ces objectifs personnels tout en gardant un Å“il sur le collectif. Et il aura d’autres joueurs à côté de lui pour prendre le relais sur cet aspect. Un capitaine n’est jamais seul. Kylian devra maintenant trouver ses repères. Proche du coach, avec la mission d’être le messager clé, mais sans jamais oublier qu’il est avant tout un footballeur.

Quelle différence sa performance en finale de la Coupe du monde contre l’Argentine (un triplé) a-t-elle faite ?
Dans ce match, il a permis à son équipe de revenir dans la course à la Coupe. Ce n’est pas rien. Cela revient à ce que j’ai dit au début : il a cette capacité à porter ses coéquipiers, grâce à son ambition et sa détermination.

Face à Brest le 11 mars, son geste envers un adversaire lui a valu de nombreuses critiques. Doit-on craindre son incapacité à être exemplaire ?
Non, tout le monde a parfois des moments difficiles. Il y a la pression des matches, le contexte du club… J’ai 50 000 exemples, même en France où, sans donner de noms, les joueurs traversent ces épisodes difficiles.

Younès
Younès
Depuis mon enfance, le football a toujours été une de mes passions. J'adorais regarder les matchs de mon équipe favorite et passer du temps sur le terrain avec mes amis.