Interview avec Chris Waddle
L’ancien international anglais et ailier de l’Olympique de Marseille, Chris Waddle, s’est entretenu avec Get French Football News pour discuter de son ancien club et de la Coupe du Monde de la FIFA 2026.
La recherche de stabilité à Marseille
Marseille est en période de reconstruction. Pouvez-vous expliquer pourquoi le club manque de stabilité ? C’est un problème récurrent. J’ai eu la chance de les voir à un bon moment sous Bernard Tapie. Nous avons remporté le championnat pendant trois années consécutives et atteint les demi-finales et finales de la Ligue des champions. Évidemment, nous ne l’avons pas remportée, mais atteindre une demi-finale et une finale, c’est déjà remarquable. Ils ont remporté la Ligue des champions en 1993, puis ont été relégués. Ensuite, ils sont revenus en ligue et ont oscillé en termes de performance. C’est ça, Marseille. On ne sait jamais à quoi s’attendre d’une saison à l’autre. Il y a un grand turnover de joueurs : des arrivées et des départs. Le vestiaire est très perturbé. Certains joueurs sont partis à cause de conflits internes. C’est un club de football très passionné, sur le terrain comme en dehors. De nombreuses histoires circulent autour de Marseille, mais s’ils veulent rivaliser avec Paris, ils doivent se structurer. Ils ont besoin de joueurs stables qui adhèrent au projet, sans changer d’effectif à chaque mercato. C’est la clé : il est impossible d’avoir un aussi grand turnover que celui que Marseille a connu ces deux ou trois dernières années. On comprend pourquoi des entraîneurs sont partis – certains ont été licenciés, bien sûr – car ils se sont dit : « Je veux quitter cet endroit. » On ne sait jamais ce qui se passe ; un joueur peut partir la semaine prochaine, un nouveau peut arriver, et on se demande : « Que se passe-t-il ? » Lorsque j’étais là, il y avait déjà beaucoup de changements. Mais Bernard Tapie avait une vision claire de ce qu’il voulait réaliser. Oui, nous avons changé d’entraîneur, mais il savait pourquoi et où nous allions. Aujourd’hui, le club semble juste acheter quatre ou cinq joueurs, puis en janvier, encore cinq. On ne peut pas établir une équipe solide lorsque l’on change constamment de joueurs et d’entraîneurs. Il faut avoir une idée précise de la direction à prendre, cela peut prendre deux ou trois ans ; on ne peut pas s’attendre à acheter le succès en recrutant cinq joueurs puis en s’en débarrassant.
Roberto De Zerbi et Tottenham
Que pensez-vous du choix de Roberto De Zerbi à Tottenham ? J’étais heureux. Je l’apprécie. Je pense qu’il a bien travaillé à Marseille, même si c’était un défi difficile. Marseille attend de gagner tout le temps, et cela a probablement fini par lui peser. Il a dû penser : « J’en ai assez de ce turnover. Je veux une équipe stable. » Être nommé entraîneur de Tottenham a dû l’enchanter. Comme Marseille, c’est un grand club, avec beaucoup de roulements, mais je suis sûr qu’il pourra stabiliser la situation. Je pense que Tottenham est un peu plus tranquille que Marseille. Ainsi, il aura le temps de construire une équipe et de ne pas avoir à la démonter. Je pense qu’il a bien fait à Marseille ; ce n’était pas une tâche facile de devoir rivaliser avec Paris. Pour diriger Marseille, il faut avoir une peau épaisse. Ils veulent réussir tout de suite.
Favoris pour la Coupe du Monde
Quels sont vos favoris pour gagner la Coupe du Monde ? Je pense que l’Espagne ou la France vont l’emporter. Je crois que l’Espagne sera capable de mieux gérer les conditions que la plupart des équipes européennes. L’Espagne est un pays très chaud. Ils jouent un jeu basé sur la possession et savent accélérez quand il le faut. Ils sont techniquement doués. Je pense juste que cela leur convient, tant en termes de conditions que d’autres aspects. Écoutez, je ne dis pas qu’ils sont les favoris à 100 % ; même les grandes équipes peuvent avoir de mauvais matchs. Je pense encore à la France, beaucoup de joueurs évoluent à un bon niveau. Ils possèdent de très bons joueurs et seraient déçus de ne pas gagner. Il ne s’agit pas de se dire « pouvons-nous atteindre les demi-finales ? » Des équipes comme l’Espagne ou la France vont se dire : « Si nous n’atteignons pas au moins la finale, ce sera une déception. »
Angleterre et résilience
Quand vous voyez Didier Deschamps faire de la place pour un joueur créatif comme Rayan Cherki dans sa sélection, pensez-vous que l’Angleterre est toujours trop réservée ? Nous avons eu cinq n°10 dans l’équipe à un moment. Nous avons eu Cole Palmer, Eberechi Eze, Jude Bellingham et Morgan Rogers. Beaucoup de n°10 ont eu des opportunités, et certains n’ont pas fait le voyage, comme Phil Foden. Je pense qu’Eze sera un joueur très intéressant. Bellingham devrait être titulaire. Sur la base de ses performances de cette saison, je dirais que Rogers devrait également commencer. Nous avons donc plusieurs n°10 en ce moment. Le vrai défi pour l’Angleterre sera de bien défendre. Je ne suis pas trop convaincu par notre défense. Je pense qu’offensivement, nous sommes corrects. Nous pouvons poser des problèmes, mais le point crucial pour l’Angleterre sera la capacité des remplaçants à entrer et élever le niveau du jeu. [Thomas Tuchel] pourrait alors compter sur des joueurs pour donner une bonne demi-heure afin de changer le cours du match. beaucoup de gens diront « mais peut-il faire si chaud ? » Oui, c’est une réalité. Cela aura un impact majeur sur le tournoi, et il faudra surveiller les équipes capables de supporter la chaleur. En regardant les effectifs et les conditions, je pense simplement que l’Espagne et la France devraient pouvoir gérer cela très bien. Je serais très surpris si l’un d’eux ne gagnait pas.
Réflexions sur la sélection de Thomas Tuchel
Que pensez-vous de la sélection de Thomas Tuchel ? Certains choix m’ont surpris. Djed Spence était une surprise. Reece James est un arrière droit talentueux qui peut jouer au milieu, mais il a beaucoup été blessé tout au long de sa carrière. Défensivement, Dan Burn, quel âge a-t-il maintenant, 34 ans ? Jordan Henderson est un très bon professionnel. Ils doivent faire partie de l’équipe pour leur caractère et leur influence dans le vestiaire. Je pense qu’on pourrait tous établir une liste de vingt n°10, mais on ne peut pas en sélectionner vingt. Il a analysé l’équipe, vérifié qui sont les leaders et quels joueurs sont populaires dans le vestiaire. Je pense que des joueurs comme Henderson et Burn ne joueront peut-être même pas, mais ils doivent être d’une grande aide dans le vestiaire. Ils ont de l’expérience et il a vu quelque chose en eux. J’apprécie Thomas Tuchel. Je pense qu’il a composé une équipe pour gagner des matchs plutôt que de choisir ceux que les médias veulent. Il n’a pas eu peur de laisser de côté des joueurs célèbres. J’ai été impressionné par cela. J’ai juste quelques questions. Pourquoi Lewis Hall n’est-il pas là, alors qu’il a eu une excellente saison en tant qu’arrière gauche ? Ou même Tyrick Mitchell à Crystal Palace, qui a remporté la Ligue Europa Conférence – un véritable arrière gauche. Donc, il y a quelques interrogaions, mais je suis sûr que chaque pays a des gens comme moi qui remettent en question leur sélection. Si Thomas Tuchel gagne, nous dirons tous qu’il a eu raison. Si nous atteignons les demi-finales ou même les quarts de finale, je pense qu’il aura bien fait. Si nous sommes éliminés lors de la phase de groupes – ce que je ne vois pas arriver – alors il y aura de sérieuses questions à son égard.
Chris Waddle s’est exprimé exclusivement pour




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