Le football ? Une activité de professionnels !

Luzenac accès refusé en Ligue 2En France, le feuilleton footballistique de l’été a concerné le petit club de LAP (Luzenac Ariège Pyrénées). Ayant obtenu son billet sur le terrain, grâce à une 2e place en National, Luzenac ne jouera pas en Ligue 2 cette saison 2014-2015.

Luzenac, petit village de 650 habitants situé dans l’Ariège, avait créé la sensation la saison dernière en validant son billet pour la Ligue 2 après une incroyable seconde place de National.

Par leurs performances sur les terrains de National, en 2013-2014, les joueurs de Luzenac avaient validé le précieux sésame de l’accession en Ligue 2, en terminant 2e de National derrière l’US Orléans. Mais cette ascension gagnée sur les 34 matches de la saison de National n’a pas été suffisante pour attendrir les grandes instances du football français… Perdu dans la région Midi-Pyrénées, Luzenac a donc donné quelques nuits blanches aux dirigeants du football français (LFP et FFF) durant l’été. Car ces derniers ont tout fait pour que Luzenac reste un petit village connu pour ses carrières de talc plutôt que ses performances sportives.

Petit rappel : la fin du championnat de National 2013-2014 est sifflée au soir de la 34e journée, le vendredi 23 mai. Deuxième au classement avec 63 points, soit 13 de plus que le quatrième, Luzenac a réalisé une incroyable performance, terminant à seulement 2 points du champion de National. Pourtant, les festivités, pour fêter cette saison exceptionnelle du petit club Ariégeois, n’ont pas duré longtemps. Dès le 5 juin, la DNCG émettait un avis défavorable à la montée du LAP en Ligue 2. La douche a été froide et elle a annoncé un été plein de souci pour les dirigeants de Luzenac, que sont le président du LAP, Jérôme Ducros, et Fabien Barthez, directeur général du LAP, ainsi que des joueurs Luzenacois et de toute une population fière de ses couleurs.

Ainsi, l’été de Luzenac n’a pas été de monter une équipe compétitive, le lot normal de tout club du foot français, mais de faire valoir devant les tribunaux et autres instances administratives son droit à intégrer la Ligue 2. Droit, est-il utile de le rappeler, acquis au cours d’une saison de presque 10 mois de matches sur le rectangle vert. Pour rappeler ce fait, les dirigeants de Luzenac ont fait pas moins de 6 démarches administratives pour faire plier les hautes instances du foot français. En vain…

Petit club ! Essayez de vous rebeller et vous finirez comme Luzenac !

Et les sentences sont tombées ces derniers jours. Acte 1, le 27 août, le conseil d’administration de la Ligue de Football Professionnel a confirmé son refus de voir Luzenac évoluer en Ligue 2. Et Acte 2, mercredi 10 septembre, la décapitation finale, que l’on pourrait comparer à une sanction pour rébellion, est tombée avec le refus de la Fédération Française de Football d’accéder à la dernière requête de Luzenac d’intégrer le championnat de National. La seule alternative offerte à Luzenac a été d’évoluer en CFA2 avec, peut-être, la possibilité d’intégrer la CFA la saison prochaine. Le double message, « enfin si vous êtes sage !! », n’est presque pas caché.

Fabien Barthez, ancien gardien de l’Equipe de France championne du Monde 1998, et Jérôme Duclos ont finalement décidé de jeter l’éponge et d’annuler la SASP (Société Anonyme Sportive Professionnel), structure montrant que Luzenac avait essayé de se professionnaliser. Ainsi, si le club continue d’exister, l’équipe qui a réaliser l’exploit d’accéder en Ligue 2 est dissoute. Pour expliquer leur choix de refuser l’accession de Luzenac, la LFP et de la FFF ont argué que les comptes du club n’ont pas été assez rigoureux et qu’il y a eu des manquements au niveau du stade. Ce dernier point a été l’aspect rédhibitoire qui a valu le refus définitif à Luzenac. En quelque sorte, ce qui est reproché à Luzenac, c’est son amateurisme

Effectivement, Luzenac était encore un club amateur lorsqu’il avait obtenu le droit de jouer en Ligue 2. Et le professionnalisme ne s’acquiert pas en un claquement de doigts. Pour cela, il aurait fallu que le club soit accompagné, surtout quand on sait que le système administratif français est extrêmement lourd. Mais, du haut de sa tour d’ivoire et de sa concupiscence de champion du monde 1998, le football français n’a pas voulu s’abaisser à aider le petit puisque ce n’est que le haut qu’il regarde de ses yeux langoureux. Ou est l’éthique sportive dans tout cela ?

Qui dit haut de l’affiche, dit argent, et le football français n’en aura jamais assez. Un argent très peu redistribué aux clubs amateurs, mais qui tourne en boucle chez les clubs professionnels. Ce, pour les magnifiques résultats que l’on connait… la France venant d’être déclassée au classement de l’UEFA par la Russie. Ce qui signifie que, si cela reste en état, la France n’aura qu’un seul club qualifié directement en Ligue des Champions. Cette règle offre ainsi une chance sur deux que ce soit le tout puissant Paris Saint Germain des Qataris, qui, pour rappel, n’a évolué avec aucun joueur français au coup d’envoi du match du samedi 13 septembre. Non, Monsieur de Coubertin, l’important n’est pas participer mais de gagner… de l’argent.

Alors, à quand une remise de récompense sur le fait de la puissance financière d’une équipe ? Ah, mais oui, ne soyons pas naïfs, c’est déjà la règle en vigueur dans le football professionnel. Ou quand le capitalisme défini la performance sportive. Si les dirigeants souhaitent des ligues fermées, comme au USA, qu’ils le disent sans détours !!!

En tout cas, Noël Le Graët, Frédéric Thiriez et compagnie envoient un message sans équivoque : le football est une activité de professionnels. Alors, petit club, passez votre chemin ou donnez de l’argent pour payer grassement votre ticket et entrer dans le monde du « beau football spectacle »

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