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Carlos Bianchi, attaquant, années 70

Il reste encore de nos jours l’archétype du buteur en série. Sous les couleurs du Stade de Reims ou du PSG, il est toujours dans les mémoires des supporters comme le goleador des années 70.


Sommaire


La fiche de Carlos Bianchi

Poste : Attaquant

Date de naissance : 26 avril 1949

Pays : Argentine

– 32 sélections en équipe nationale d’Argentine

 


Parcours en clubs :

1967 – 1974 Velez Sarsfield
1974 – 1977 Stade de Reims
1977 – 1979 Paris Saint Germain
1979 – 1980 RC Strasbourg
1980 – 1984 Velez Sarsfield
1985 – 1985 Stade de Reims

Palmarès de l’Argentin

  • Champion Metropolitano d’argentine 1968
  • Meilleur buteur du championnat argentin 1970, 1971 (42 buts) (Velez)
  • Meilleur buteur du championnat de France 1974, 1976, 1977, 1978 et 1979
  • Joueur étranger du championnat de France de l’année 1974 par France football
  • Soulier d’argent
  • Soulier de bronze
  • Finaliste de la coupe de France 1976-1977

Biographie de Carlos Bianchi

Carlos Bianchi, né le 26 avril 1949 à Buenos Aires. Il est formé au sein du club de Velez Sarsfield le club du quartier de Liniers, dans la périphérie ouest de Buenos Aires. Il y fait ses débuts en 1967. Entre 1967 et 1973, il y marquera considérablement les esprits en enfilant comme à son habitude les « goles » comme des perles quitte à en devenir le meilleur buteur de l’histoire du club (avec 206 buts en 324 matchs quand même).

L’un des dirigeants historiques du Stade de Reims Robert Marion qui tient, en centre-ville, l’Ouvrier bleu, un magasin de vêtements de travail. C’est lui qui, au retour d’un voyage en Argentine, a ramené Delio Onnis dans ses valises en 1971. Deux ans plus tard, il revient de Buenos Aires en compagnie d’un dénommé Carlos Bianchi. « Quand il est venu me chercher, je ne parlais évidemment pas français. Nous nous étions entendus en blanc. Le lendemain, Velez bat 4-1 San Lorenzo le champion d’Argentine et je marque trois buts. Il a cru que j’allais faire monter les enchères mais j’avais donné ma parole. Les clubs espagnols me proposaient pourtant 3 ou 4 fois plus. », Rappelle Carlos Bianchi. Rapidement les deux hommes deviennent amis « C’était un phénomène de générosité. Lorsque j’étais en France, j’avais dit à mes enfants, s’ils nous arrivent quelque chose, c’est vers Robert qu’il faut vous tourner. C’était un ami et je n’en ai pas 300. », Conclut Carlos Bianchi.

Relégué en deuxième division dans les années 1960, le Stade de Reims n’est que l’ombre de lui-même. L’équipe déçoit et il ne parvient pas à retrouver son lustre d’antan. Certes le club reste sans trop de difficultés dans la première partie du classement de D1 mais il avait tellement habitué à mieux. Après une huitième place en 1973, la saison 1973/1974 est sensiblement identique puisque les rémois finissent sixième notamment grâce aux 30 buts de leur goleador argentin Carlos Bianchi sacré meilleur buteur du championnat. Malgré l’efficacité de son avant centre, le Stade de Reims reste toujours en retrait au classement. Onzième en 1975, les Rouge et Blanc réalisent une bonne saison 1975/1976 qui voit Bianchi ravir une seconde fois le titre de meilleur buteur, cette fois avec 34 réalisations. Reims se classe finalement cinquième, sa meilleure position depuis treize ans.

Le championnat 1976/1977 est plus compliqué et n’occasionne que des sueurs froides. Longtemps à une portée de fusil des équipes reléguables, le Stade redresse la barre en fin de parcours pour échouer à une flatteuse onzième place. Si Bianchi en profite pour empocher un troisième titre de meilleur buteur, c’est la coupe de France qui vient éclaircir ce sombre tableau. Après avoir dominé Nice en demi finale, le Stade de Reims rejoint les Verts de Saint-Etienne au Parc des Princes pour une finale épique. Les rémois s’inclinent finalement 2 buts à 1 avec le désagréable sentiment d’avoir été floué par l’arbitrage. Financièrement le club n’est pas au mieux et Carlos s’exile dans la capitale.

Il débarque sur le bord de la Seine à l’été 1977. Carlos Bianchi reste pour les Français le prototype même du « goleador » argentin. Des sa première saison 1977-1978, Carlos marque exactement 37 buts en 38 matchs de championnat soit presque un but par match ce qui est vraiment extraordinaire. A la fin de cette saison époustouflante, il sera couronné meilleur joueur et buteur du championnat de France. Hélas, pour lui, il est arrivé dans un club en construction, qui n’arrivait pas à gagner de trophées. Ce sont des trophées qui manquent au palmarès de Carlos Bianchi au PSG. Lors de la saison suivante, Bianchi transperce les filets de toutes les équipes. En effet, lors de cette saison 1978-1979, il marque encore 34 buts sur 38 matchs. Il est de nouveau désigné meilleur buteur et meilleur joueur du Championnat de France.

Après son passage au Paris SG, Carlos part pour un autre club français, le Racing Club de Strasbourg. A Strasbourg, Carlos ne se retrouvera jamais, il ne marquera que 8 buts et pour tout dire ne s’entendra jamais avec Gress, l’entraineur de l’époque qui a du mal à supporter l’aura du goleador Argentin. A l’époque, le Racing est champion de France en titre et doit jouer la coupe des clubs champions (où il tombera en quarts de finale) il ne conservera pas son titre et ne finira que cinquième, la chance ne frappera plus en Alsace.

Dépité, Carlos rentre chez lui dans son club formateur le velez. Il y fait encore quelques belles saisons puisqu’il finit meilleur buteur en 1981. Cinq années après son départ du Paris Saint Germain, Bianchi repart dans le club français qui l’a vu éclore, le Stade de Reims pour le début de la saison 1984/1985. Le président Bazelaire veut sortir le Stade de Reims de la D2 et ce retour renforce l’optimisme ambiant. Mais malgré une impressionnante entame de championnat, le Stade et son buteur vedette montrent leurs limites. « Carlos » n’est plus aussi efficace et malgré sa solidité défensive l’équipe reste moyenne. Plus que moyenne même puisque peu à peu elle glisse dans la deuxième partie de tableau. La saison suivante, Bianchi raccroche les crampons et devient l’entraîneur. Carlos raccroche en D2 après une saison moyenne à 8 buts pour lui et une modeste 12ème place.

Que devient-il ?

Carlos devient un entraineur respecté et reconnu…en argentine et en Amérique du Sud principalement. En Europe, il existe deux façons de voir Carlos Bianchi. Celle qui consacre un buteur incroyable, et puis il y a cette image un peu plus glauque, celle d’un entraîneur raté, incapable de comprendre les spécificités des footballs italien et espagnol lors de son passage à la Roma ou à l’Atletico Madrid. Bianchi reste néanmoins considéré comme le meilleur entraîneur Argentin actuel en Amérique du Sud. Dans les sondages populaires, son nom figurait même devant celui de Maradona himself pour reprendre en main la sélection Argentine.

Après avoir débuté sa carrière d’entraîneur en France, Bianchi rentre chez lui pour prendre les commandes de son club formateur, Velez Sarsfield. Un retour gagnant, puisqu’il transforme une équipe de seconde zone en véritable machine à gagner des titres. Avec Chilavert, Basualdo, Omar Asad, Roberto Trotta, Mauricio Pellegrino et Turu Flores, “El Fortin” connait une épopée légendaire et devient le plus grand club argentin devant River et Boca, en remportant un Apertura, deux Clausuras, une Libertadores et une Intercontinentale.

Epaulé par Carlos Ischia, l’actuel entraineur de Boca Juniors, Bianchi traverse alors l’Atlantique pour prendre l’eau avec la Roma, avant de revenir en Argentine, sur le banc de Boca Juniors. A l’époque, boca est au fond du trou, mais Carlos rallume la flamme de la Bombonera en lançant dans le grand bain des joueurs du centre de formation comme Riquelme, Palermo, Schelotto, Cordoba ou encore Ibarra.

C’est sans conteste l’époque la plus glorieuse du Boca. Un cycle que les Bosteros auraient pu continuer longtemps si Mauricio Macri, le président n’avait découvert les joies du marketing. Pour donner une dimension internationale à Boca, Macri décide en effet de faire signer le premier Japonais de l’histoire du championnat argentin, Naohiro Takahara, pour rameuter quelques sponsors asiatiques, quitte à empiéter sur les décisions de son coach.

Carlos Bianchi n’encaisse pas vraiment l’arrivée du Japonais et décide de partir comme un prince : « Le football, ce n’est pas du commerce et un club, ce n’est pas un magasin. Personne ne me dictera mes choix, surtout pour faire n’importe quoi ». Bianchi n’aurait jamais pu entraîner Cristiano Ronaldo, c’est sûr. Il ne comprendra sans doute jamais le foin qu’une star du football peut causer. Peut-être déjà d’une autre époque, “el Virrey” s’est fait rattraper par le mercantilisme du football.

Après avoir remporté l’Apertura à l’arraché et avant d’être, comme d’habitude, dépouillés de leurs meilleurs joueurs, les dirigeants du Boca ont décidé de refaire confiance à Carlos Bianchi, mais cette fois-ci comme manager sportif. Une première dans l’histoire du football argentin. Évidemment, Mauricio Macri n’a pas lésiné sur l’effet d’annonce lors de la présentation du nouvel homme fort des Xeneize : « Bianchi va devenir le Ferguson argentin ».

Pourtant, “el Virrey”, lui, ne s’assoira pas sur le banc de touche, toujours occupé par son ancien adjoint Ischia. En revanche, il supervisera l’ensemble de la politique sportive du club. De la formation des jeunes aux questions tactiques en passant par les choix des recrues.
Pour l’heure, Abbondanzieri est le seul transfert de l’ère Bianchi. L’Intériste Samuel devrait être le prochain à rentrer au bercail. Avec le magnétisme de Bianchi, Boca Juniors espère ainsi redorer son blason en attirant des grands noms tout en empêchant la fuite de ses plus belles promesses. Après tout, Bianchi est peut-être le seul personnage du football argentin, avec Maradona, à avoir conservé son pouvoir de séduction intact avec le temps. Tout le reste n’est qu’une question de points de vue.


Roulion
Fiche mise en jour en 2013