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Jean VINCENT

jean-vincent-nordFormidable ailier gauche, aux accélérations fulgurantes et aux débordements dévastateurs, Jean Vincent sera un des plus grands joueurs français des années 50 et 60. Avec Lille puis Reims, il gagnera tout ce qui peut être gagné. Taulier des bleus, il sera de toutes les campagnes, avec en point d’orge la 3ème place à la Coupe du monde 1958.

Sa fiche

  • Poste : Attaquant
  • Date de naissance : 29 novembre 1930
  • 46 sélections en équipe nationale

Ses clubs

  • 1950 – 1956 : Lille OSC
  • 1956 – 1964 : Stade de Reims

Son palmarès

  • 1953 : Vainqueur de la Coupe de France (Lille)
  • 1954 : Champion de France (Lille)
  • 1955 : Vainqueur de la Coupe de France (Lille)
  • 1956 : Finaliste de la Coupe Charles Drago (Lille)
  • 1958 : Champion de France, vainqueur de la Coupe de France (Reims)
  • 1958 : 3ème de la Coupe du monde (France)
  • 1959 : finaliste de la coupe d’Europe des clubs champions (Reims)
  • 1960 : Champion de France (Reims)
  • 1962 : Champion de France (Reims)

Sa biographie

Originaire du Pas de Calais, le petit Jean Vincent fera ses débuts à l’US Auchel. Sous la direction d’Élie Fruchart, il va progresser rapidement, au point d’intégrer l’équipe de France junior. Ainsi en 1949, il participe au championnat d’Europe junior, organisés au Pays-Bas. Dans cette équipe, on retrouve quelques futurs pros, comme Jacques Foix, Antoine Bonifaci ou encore Francis Méano. Les bleuets remportent le tournoi, en dominant les bataves 4-1 en finale. Le talent du jeune ailier gauche n’est plus à démontrer.

L’époque Lilloise

Recruté par le LOSC à l’été 1950, Jean Vincent dispute son premier match dès le mois d’aout contre le Red Star. Ce sera un feu de paille puisqu’il ne dispute que 4 rencontre mais marque son premier but en fin de saison contre Nancy. Il sera tout de même titularisé pour jouer la Coupe latine (ancêtre de la coupe d’Europe) et sera de la finale perdue 5-0 contre le Milan AC. Dès 1951, il devient titulaire sur son aile gauche, reléguant Marius Walter et Jean Lechantre sur le banc. Sa première saison est tout simplement phénoménale puisqu’il inscrit 14 buts en championnat. Leader 7 journée de la fin, Lille termine finalement 3ème. En 1953, Jean Vincent remporte son premier trophée avec une Coupe de France glanée contre le FC Nancy, match au cours duquel il ouvre le score. Le trident offensif lillois, avec André Strappe et Jean Baratte fait merveille. L’année suivante sera celle du sacre, avec un titre de champion de France. Devant, Baratte a laissé sa place au jeune Yvon Douis. Dans un final à suspens, Lille arrache le titre en allant s’imposer 3-0 sur la pelouse du Stade de Reims lors de l’avant-dernière journée grâce un doublé de Strappe et un but de Douis. La période faste se poursuit avec une nouvelle finale de Coupe de France la saison suivante remportée 5-2 contre Bordeaux. Vincent joue alors avant-centre avec Douis, Strappe étant meneur de jeu. Là encore, jean ouvre le score dès la 7ème minute, d’une belle tête, sur un centre de Bernard Lefèvre. Ce nouveau titre masque une situation précaire, puisque Lille termine le championnat à la 18ème place, mais se maintien en barrage contre Rennes. Après avoir frisé la descente, Lille espère redresser la barre, mais malgré ses stars, le club termine de nouveau 18ème en 1956. Jean Vincent manque la fin de saison, ne disputant ni la finale de la Coupe Charles Drago, perdue contre Nîmes, ni les barrages. Face au voisin valenciennois en barrage, le LOSC va exploser au match retour en s’inclinant 4-0 Nungesser… C’est la fin d’un âge d’or que le club n’a plus connu depuis. Pas très motivé l’idée de jouer en D2, Jean Vincent quitte son Nord natal.

La gloire au Stade de Reims

Avec la relégation, Lille a besoin d’argent frais et jean Vincent est vendu au Stade de Reims pour 195 000 Frs + la recette du prochaine Reims-Lille, somme assez importante à l’époque. Les champenois, récent finaliste malheureux de la première Coupe d’Europe doivent faire face au départ de leur star Raymond Kopa et, outre le lillois, recrutent Just Fontaine. En concurrence avec René Bliard et Léon Glovacki. Reims termine 3ème. L’arrivée de Roger Piantoni en 1957 va changer la donne. Reims est irrésistible en championnat et Jean Vincent est sacré pour la 2ème fois de sa carrière. En coupe de France, les champenois tiennent également le haut du pavé. Dominant en finale Nîmes. Lors de cette rencontre, le gardien Dominique Colonna se blesse et Jean Vincent terpine la rencontre dans les bois. Il détournera une frappe sur sa barre. La saison 1958-1959 est marquée surtout par la finale de la coupe d4Europe, perdue logiquement contre le Real Madrid. Lors de cette rencontre, seul Colonna est au niveau en détourant un pénalty. Jean lui blesse gravement au genou Kopa.

La saison 1959-196 marque le retour de Kopa à Reims. L’attaque rémoise est alors celle des bleus et Reims est sacré champion. Cette saison, les rouge et blanc inscrivent 109 buts en championnat !!!Après une saison de transition, Reims sera de nouveau sacré en 1962, mais alors à l’arrachée, grâce une meilleur différence de but devant le Racing Paris. C’est le dernier titre de champion de Jean Vincent. La fin de l’histoire sera assez triste. Après une saison 62-63 pleine de désillusion (Reims termine derrière Monaco et se fait éliminer en demi-finale de coupe de France par ces mêmes monégasques), la saison 1963-1964 sera un vrai calvaire. Roger Piantoni et Just Fontaine ont du mal à revenir de blessures, [[Raymond Kopa]) est suspendu 6 mois à la suite d’une altercation avec le sélectionneur Georges Verriest, Albert Batteux quitte le club, brouillé avec son président. Bref, l’équipe tourne mal et termine 17ème du championnat, avec la plus faible attaque (37 buts seulement). Jean Vincent raccroche les crampons sur cette relégation.

10 ans de bonheur bleu

Jean Vincent va tenir la maison bleue pendent presque 10 ans. Appelé pour la première fois le 17 décembre 1953, dans un match de qualification pour la Coupe du monde 1954 contre le Luxembourg, il inscrit un doublé et offre une passe décisive à son coéquipier Yvon Douis. La France s’impose 8-0. Après un nouveau match convainquant contre la Belgique, il est du voyage en Suisse pour la coupe du monde 1954. Non aligné contre la Yougoslavie, il profite de la mauvaise prestation de Glovacki pour s’incruster contre le Mexique et réussi un match plein avec un but et l’obtention d’un pénalty transformé par Kopa. Néanmoins, la victoire 3-2 sera inutile et la France est éliminée dès le premier tour.

En attendant la Coupe du monde 1958, La France remporte quelques victoires de prestige en amical. La première intervient juste après la Coupe du monde, avec une victoire 3-1 en Allemagne (Vincent marque le but du 2-0 sur un service de Kopa). En 1955, les bleus s’imposent en Espagne 2-1 et Vincent marque le but de a victoire à la 73ème. Enfin, la France s’impose en Angleterre en mai 1955 et Jean Vincent est à l’origine du pénalty transformé par Kopa.

Les bleus sont alors au sommet de leur art et se qualifie pour le mondial suédois. Il va disputer l’intégralité des matchs. Positionné ailier gauche, il marque le dernier but de la victoire 7-3 contre le Paraguay. Par la suite, il sera repositionné Inter pour permettre à Piantoni d’évoluer en pointe. Ainsi, lors de la demi finale contre le Brésil, à la suite de la blessure de Robert Jonquet, il descend au milieu, au marquage de Didi. La France s’incline finalement 5-2, mais 3 jours plus tard, elle domine l’Allemagne 6-3 et s’adjuge la 3ème place.

En 1960 est organisé le premier championnat d’Europe des Nation dans une formule à élimination directe en match aller retour jusqu’en demi-finale. La France est alors l’immense favori, après avoir massacré la Grèce et l4Autriche. Malheureusement, pour le tournoi finale, organisé en France justement, les bleus se présentent décimés (Fontaine, Kopa, et Piantoni sont notamment absents). Ils ne sont plus que 4 du mondial suédois (Jean Vincent, Jean-Jacques Marcel, Maryan Wisnieski et Robert Jonquet). Face à la Yougoslavie, en demi, les bleus vont faire le match parfait, menant 4-2 à un quart d’heure de la fine (Jean Vincent a égalisé à la 12ème et offert le but du 3-1 à Wisnieski). Et puis patatras, la France encaisse 3 buts en fin de match et perd le match 5-4. Pour le match de la 3ème place, les tricolores s’inclinent contre la Tchécoslovaquie 2-, dans un match très médiocre.

Après cet échec, Jean Vincent restera encore quelques temps en bleu. Il disputera son dernier match contre la Belgique. Rappelé contre L’Espagne, ne n’entrera pas en jeu, de même que lors du match d’appui, décisif pour la qualification pour la coupe du monde 1962, perdu 1-0 contre la Bulgarie à San Siro.

Que devient-il ?

un grand entraineur

Après sa carrière, Jean Vincent opte pour une carrière d’entraineur. Il par faire ses armes à Caen, qui évolue en en 3ème division. Sa première saison commence mal puisque les normands sont relégués. Jean Vincent conserve néanmoins son poste et Caen remonte immédiatement. Il fera une dernière année en Normandie avant de passer la vitesse supérieure. Il émigre ainsi en Suisse pour entrainer la Chaux-de-fond. Il y restera également 3 saisons à lutter pour le maintien.

En décembre 1970, il revient en France et prend les rênes de Bastia et remplace Delfour. Le club corse est alors au fond du trou et occupe la dernière position. L’opération maintien sera un succès grâce à une bonne fin de saison (3 victoires sur les 4 derniers matchs). Néanmoins, la méthode Vincent de convainc pas les dirigeants et Jean Vincent s’en va en fin de saison. Il rebondit à Lorient, en D2. Les merlus pratiquent un jeu assez plaisant, mais l’équipe n’est pas au niveau pour vraiment jouer la montée.

Le destin d’entraineur de Jean Vincent va basculer en 1976. A Nantes, José Arribas raccroche. Jean-Claude Suaudeau postule, mais les dirigeants le trouvent trop jeune. Ils songent alors au coach lorientais, reconnu pour sa philosophie de jeu qui cadre bien avec la culture maison. A Nantes, Jean Vincent hérite d’une génération dorée, avec les Maxime Bossis, Henri Michel, Loïc Amisse. Jean Vincent a l’intelligence de s’appuyer sur le centre de formation maison. Les titres ne vont pas se faire attendre longtemps : champion de France en 1977, coupe de France en 1979 et nouveau titre de champion en 1980. Cette saison là, Nantes fait un beau parcours en coupe des coupes atteignant les demi-finales, après avoir sorti notamment le Steaua Bucarest et le Dynamo Moscou. En demi donc, nantes affronte Valence et s’impose 2-1 au match aller à Nantes. « Cette fois nous ne sommes passés à côté de notre match. Le seul regret que nous pouvons nourrir, c’est de ne pas avoir gagné plus nettement » déclare satisfait Jean Vincent après la rencontre. On ne peut pas lui donner tord. Nantes se fait doucher 4-0 par les coéquipiers de Kempes. Nantes finit la saison 80-81 à la 2ème place. L’histoire nantaise va se terminer assez mal. Malgré de bons résultats, son autorité est de plus en plus contestée et Suaudeau a les dents longues. Après une victoire 3-0 contre St Etienne, champion en titre, le 3 mars, Jean Vincent passe la main et en finit avec le FC Nantes.

Jean Vincent répond à l’appel de la fédération camerounaise à 3 mois de la coupe du monde. Les lions indomptables héritent d’un groupe compliqué, avec l’Italie, la Pologne et le Pérou. Le Cameroun fera bonne figurer en ne perdant aucun de ses matchs, mais avec 3 nuls ce sera insuffisant pour se qualifier.

D’humeur revancharde, Jean Vincent part entrainer le Stade Rennais, qu’il récupère en D2. Rennes va dominer de la tête et des épaules son championnat et remporter le titre de champion contre Toulon. Malheureusement, Rennes ne parvient pas à se maintenir, malgré le retour de Pierrick Hiard dans les bois et l’arrivée de Yannick Stopyra devant. Dernier du championnat, Rennes redescend et Jean Vincent se fait virer.

En 1985, il part au Maroc pour entrainer le WAC qu’il conduit au titre de champion, après avoir lancé de nombreux jeunes. En 1986, il répond favorablement à l’appel de la sélection tunisienne mais l’aventure tournera court assez rapidement (‘au bout de 4 matchs).

Des stages pour les jeunes

Lassé du banc de touche, Jean Vincent se lance alors dans l’organisation de Stages pour les jeunes à Saint-Brevin-les-Pins. Il organisera ces stages pendant 7 ans, de 1988 à 1995. Après cette date, il partira à la retraite et le FC Nantes reprendra l’organisation des stages.

Le 13 aout 2013, à l’âge de 82 ans, Jean Vincent c’est éteint. Avec lui c’est un monument du football français qui nous quitte. RIP.


Roulion
Fiche mise en jour en 2013

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