Les Bleus éliminés de l’Euro 2004 (France 0-1 Grèce) en quarts de finale

Tous les supporters Français ainsi que la Presse essayent d’analyser et d’expliquer ce nouvel échec de notre équipe Nationale, cruellement éliminé en quarts de l’Euro 2004. Chacun a sa version des faits, chaque journaliste a sa vision de ce naufrage. Mais de mon côté, je peux malgré tout vous apporter de simples constats en essayant de garder la tête froide au regard de ce bilan 2003-2004….

Brûlés par la flamme à trop jouer avec le feu

J’ai le sentiment que les deux années de reconstruction sont partis en fumée en l’espace de quelques jours de compétition… Tous les supporters des Bleus attendaient beaucoup des hommes de Jacques Santini… La période 98-2000 nous avait tellement donné de joie, de bonheur et de fierté… Cette équipe nous avait gâté et surtout habitué à enchaîner les victoires avec des trèfles à quatre feuilles plein les chaussettes mais avec surtout cette rage de vaincre… Les Bleus nous avaient tellement fait planer qu’en 2002 ce rêve s’était transformé en cauchemar… Pas un but dans ce Mondial 2002, ce n’était jamais arrivé à une équipe championne du Monde la compétition suivante… Bref, le nouveau sélectionneur Jacques Santini a mis deux années pour reconstruire cette équipe marquée par leur naufrage asiatique. Tout d’abord les Bleus ont réalisé un grand chelem encourageant dans les éliminatoires de l’Euro 2004, ce n’est pas rien, même si leur groupe n’était pas des plus durs avec la Slovénie, Israël, Malte et Chypre. Les champions du Monde 1998 et champions d’Europe 2000 ont eu la chance de disposer de nouveaux talents tel que Mickaël Silvestre, Philippe Mexès, Jean Alain Boumsong, Louis Saha, Sidney Govou, Jérôme Rothen ou Benoît Pedretti pour se reconstruire et remporter la coupe des Confédérations 2003 marquée par le terrible décès de Marc Vivien Foé. Les Bleus enchaînaient une série record de 14 victoires consécutives après la douche froide en début 2003 face à la République Tchèque du ballon d’or Pavel Nedved (0-2).

2002-2004 : Deux années de reconstruction

Fin 2002 on disait les Bleus encore traumatisés par leur piteuse prestation au Mondial en Corée-Japon. Au contraire, ils effectuent un bon début dans les éliminatoires de l’Euro 2004. L’année 2003, bien que mal commencée face aux Tchèques au Stade de France en amical (0-2), aura été dans l’ensemble plus que satisfaisante avec des matches clés comme la demi-finale France Turquie et la finale de la Coupe des Confédérations 2003 France Cameroun remportés avec un Thierry Henry très confiant et en réussite devant le but. Et surtout on n’oubliera pas cet Allemagne – France (0-3) remporté à Gelsenkirchen avec brio. Henry et Trezeguet se montraient tranchants et décisifs face à Oliver Kahn. Début 2004, les Bleus l’emportent en Belgique en amical (0-2), on découvre au passage l’entrée tonitruante de Louis Saha et une formation tricolore toujours aussi solide avec une animation offensive plus que rassurante. Seulement, les joueurs enchaînent avec leurs clubs respectifs un nombre de matches beaucoup trop élevé… Thierry Henry auteur de plus de 160 buts avec Arsenal, Zizou par contre est victime du coup d’arrêt avec le grand Real qui se défait en 1/4 de finale de la C1 face à la surprenante formation Monégasque de Didier Deschamps. Ludovic Giuly réalise ainsi sa plus belle saison. Jérôme Rothen est énorme au niveau de son rendement, Patrice Evra et Sébastien Squilacci deviennent les nouveaux espoirs en France…

La machine Bleue s’enraye dès le printemps 2004

Bref, dans tout ça, le moteur de l’équipe de France commence à baisser un peu de régime dès le printemps 2004. A l’image de Monaco et Marseille en finale respectivement de la C1 et la C3, les Bleus n’ont plus la fraîcheur physique ainsi que la lucidité qui leur permet de bien construire les phases offensives. Ceci dit, la défense tricolore reste solide avec plus de 1000 minutes sans encaisser le moindre but. Le Pays-Bas – France 0-0 de Mars 2004 est bizarrement le petit coup d’arrêt après avoir remporté 14 succès consécutifs. Le record du Brésil et de l’Australie (14 victoires d’affilée) est ainsi égalisé mais pas battu. Bien plus que ce résultat nul face aux oranges mécaniques, c’est surtout la manière qui inquiète. Les Bleus manquent de fraîcheur car les joueurs doivent faire face à des échéances importantes dans leurs clubs (Monaco, Lyon, le Real Madrid, Arsenal, etc…). Entre le challenge de remporter la Liga, la Premier League, le Calcio ou la Ligue 1 et l’envie de toucher le toit de l’Europe avec la Ligue des Champions et la Coupe de l’UEFA, viennent s’ajouter la Cup, la Coupe de France, la Coupe d’Italie, la Coupe de la Ligue, etc… etc… Comme au Tour de France avec des étapes de plus de 200 kms enchaînées sur plusieurs jours consécutifs, les Bleus commencent à ressentir dès le printemps une baisse de régime, une baisse au niveau de leur rendement.

L’échéance de l’Euro 2004 approche, le réservoir de carburant vire au rouge

Je pense que le mois de Mai 2004 restera fatal et le véritable déclenchement de bon nombre d’éléments qui pourraient expliquer le naufrage du football Français de cette fin de saison. Alors que Monaco réalise deux matches explosifs face à Chelsea en demi-finale de la C1, les hommes de Didier Deschamps se voient le privilège de disputer une finale de Ligue des Champions onze ans après celle remportée par l’OM en 1993. L’OM justement qui retrouve des couleurs européennes cette saison en se qualifiant brillamment face à Newcastle en demi-finale le la C3. Dans le même temps, les Bleus réalisent un match encourageant (0-0) face à un Brésil bien terne à l’occasion du Centenaire de la FIFA. Or les supporters, le staff et les journalistes ne veulent pas sonner le signal d’alarme lors de ce 0-0 où les Bleus ne parviennent pas à trouver la faille et perforer la défense Brésilienne. Toute la France du football est servie ! Deux clubs en finale de coupe d’Europe ! Chapeau bas ! On commence tous à se mettre à rêver de trophées… Mais on n’imagine pas à quel point la France souffre de ses faiblesses au niveau de ses réserves d’énergie et d’envie... L’équipe de France est dans le même temps mise provisoirement de côté et attendue pour son Euro 2004 qui pourrait sonner l’heure de la revanche et le nouveau règne sur le continent.

Le premier coup de massue pour le football Français

Toute la France du football est devant son petit écran ce 19 Mai 2004 au soir, l’affiche s’annonce excitante entre le FC Valence champion d’Espagne 2004 et la courageuse équipe de l’OM de Didier Drogba et Fabien Barthez. Les Marseillais manquent de réalisme devant le but Espagnol en première mi-temps, Fabien Barthez malgré une 1ère mi-temps exemplaire, il réalise ensuite l’impensable en sortant les deux pieds en avant sur une alerte espagnole. Carton rouge, penalty et 0-1 ! 0-2 à la fin du temps réglementaire, première désilluion pour toute la France du football. Les joueurs Français ne seraient-ils pas devenus fébriles lors des grands rendez-vous ? Une semaine plus tard, bien que fraîchement refroidis par la triste prestation de l’OM, on se remet à croire de victoire avec l’AS Monaco de Didier Deschamps qui a tout de même réalisé un parcours qui rentrera dans l’histoire avec notamment l’élimination du grand Real Madrid. Inutile de vous commenter cette prestigieuse finale européenne, Porto l’emporte très facilement 3-0 face aux hommes de Didier Deschamps. Ils se sont présentés à cette finale avec le réservoir de carburant vide, les Portugais avec leur bloc défensif et leur parfaite organisation au niveau du jeu ont survolé cette finale. Ludovic Giuly blessé est à l’image de cette fragilité du football Français. C’est un nouveau coup dur pour l’équipe de France à quelques jours de l’Euro. Après Djibril Cissé, c’est au tour de Giuly de ne pas être dans les 23…Mince !

Les deux finales européennes s’envolent vers l’Espagne et le Portugal au passage. On range alors les maillots des clubs et on se tourne désormais sur l’équipe de France de football ! Les Bleus ont la pression, les Bleus ont leur revanche, les Bleus qui ont soit-disant retrouvé la maîtrise de leur jeu et la confiance se retrouvent face au challenge de l’Euro 2004. La liste des 23 est alors communiquée par Jacques Santini, une liste bien équilibrée mais sans la vitesse de Djibril Cissé et sans le turbo de Ludovic Giuly blessé en finale et après une saison menée tambours battants… Certes les Bleus se rassurent en ce début du mois de Juin en l’emportant facilement à Montpellier face à Andorre (4-0), on peut tout de même s’inquiéter devant la fraîcheur physique des joueurs. Les Bleus auront-ils la force mentale pour gagner cet Euro ?

L’échec de la France à l’Euro 2004

Les joueurs Français au sortir d’une saison une nouvelle fois éreintante se retrouvent en stage de régénération à la Grande Motte, le staff veut surtout éviter les erreurs commises en 2002, mais malgré tous les efforts réunis par le staff médical et le sélectionneur, on n’enlève pas une fatigue physique et mentale aussi facilement et surtout aussi rapidement. Les Bleus ont l’habitude de respecter le schéma de jeu de leur club mais là il faut une nouvelle fois faire l’effort sur le terrain de bien se trouver et de bien faire circuler le ballon. Certes les Bleus se connaissent mais les mécanismes et le niveau de jeu risquent d’être défaillants au cours de cet Euro.

Le premier match face à l’Angleterre a été marqué par les deux coups d’éclat de Zizou en fin de match avec le magnifique coup-franc et le penalty provoqué par Titi Henry (2-1). Mais les Bleus ont été aveuglés par le soulagement du résultat et la forte émotion de ce final palpitant. On aura constaté 90 minutes de jeu où les Bleus subissaient l’assaut des Anglais. Les joueurs tricolores avaient du mal à bien se trouver sur le terrain. Pire, la défense jusque là performante (1078 minutes d’invincibilité) commençait à devenir fébrile (but de Lampard) et désorganisée. Face à la Croatie, les Bleus évitent de peu la défaite dans les dernières minutes (2-2). Un certain manque de spontanéité, de précision et de mobilité sont à noter. Replongerait-on dans la peur du Mondial 2002 ? Le traumatisme de la coupe du monde asiatique aurait-il précipité ces accès de nervosité ? Quand on voit un Mickaël Silvestre perdre les pédales en défense, un Trezegoal en retard sur bon nombre d’actions ou un William Gallas imprécis dans ses relances, tout le public Français s’inquiète…
Le match face à la Suisse ne fait que rassurer (3-1) avec un Titi Henry enfin décisif avec ses deux réalisations ! Bref, les Bleus se félicitent de ne pas être sorti comme l’Allemagne, l’Italie ou l’Espagne. Finir 1er du Groupe B devant l’Angleterre est le seul moyen de se rassurer. Pire encore, les Bleus sont contents de rencontrer la Grèce et non le Portugal… A voir les journaux et les pronostiqueurs, personne ne miserait sur une performance de la Grèce dans cet Euro ! Mais bien au contraire détrompons-nous !

Les Bleus se font piéger dès les quarts de finale face à une formation Grecque qui a su profiter de ses rares occasions pour provoquer et précipiter l’élimination des Bleus. Que cette défaite est cruelle ! Titi Henry ne fait que remuer le couteau dans la plaie dans les dernières minutes en frappant le ballon de la tête qui va mourir à l’extérieur du but au ras du poteau du portier Grec. Fini ! Terminé ! Plié ! Les Bleus voient ainsi partir en fumée l’espace d’un coup de tête victorieux de Charisteas deux années de travail et de reconstruction ! Grande est la déception ! Les hommes de Jacques Santini n’ont jamais su élever leur niveau de jeu ! La faute à qui ? La faute à quoi ? C’est le football !

Devrait-on comparer cette contre performance à celle de Monaco qui s’est retrouvée sans cartouches en fin de saison ? Jacques Santini aurait-il réalisé un coaching peu judicieux en remaniant sans cesse cette défense Française qui pourtant était sa force en 1998… Voilà, on se contentera de ce top 8 Européen, les Bleus sont définitivement dans le rang, rangeons nos souvenirs de 1998 et 2000... Aucune marge de sécurité dans cet Euro 2004 ! Les Bleus beaucoup trop fébriles à force de vouloir jouer avec le feu se sont brûlés avec la flamme Olympique Grecque ! Barthez, Thuram, Desailly, Liza et Zizou pourraient bien prendre leur retraite internationale et quitter l’équipe de France… L’age de ces monstres du football Français les obligerait un moment où l’autre à entrevoir la porte de sortie… Laurent Blanc ou Jean Tigana à la tête des Bleus demain ? Bon nombre d’interrogations sont alors dans l’esprit des supporters Français aujourd’hui…

Apprécions malgré tout les trois matches à venir de cet Euro avec la folle envie du Portugal, le retour des Pays-Bas, la surprise Grecque et la puissance Tchèque, tel est le dernier carré Européen de cette année 2004 où les Bleus n’ont plus que leurs yeux pour pleurer…


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